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Les villes du Maroc  
  Marrakech ville des mille et un contes

MARRAKECH

   
     

MARRAKECH : LA VILLE DU SPECTACLE

Marrakesh s'éveille. Comme chaque matin depuis 800 ans, avec les mêmes inflexions chantantes, l'appel du muezzin résonne du haut des 70 mètres de la Koutoubia, le phare spirituel de Marrakesh.

Le soleil se lève sur Marrakesh,  une foule bigarrée envahit les rues tortueuses de la médina.

Des hommes se pressent devant la mosquée Ben Youssef, accolée à la médersa, l'un des plus remarquables monuments de Marrakesh, gigantesque et superbe école coranique fondée par le sultan Mérinïine Abou el-Hassan (1331 - 1349).

   

          
      

A NE PAS MANQUER    

   
   
 

ARTS POPULAIRES : TOUT UN FESTIVAL !

Chaque année, les ruines du palais el Badii prêtent leur cadre   grandiose au festival national des arts populaires. On y présente musique,   danses, chants, costumes, bijoux, parures des fêtes familiales ou religieuses.   Enchanteur !

 

LES TRÉSORS DU MUSÉE DAR SI SAID.

Bijoux en argent ciselé, lampes à huile en pierre de Taroudannt,   cuirs brodés, poteries rustiques, marbres, jarres, coffres, bijoux berbères   : vous rêvez les yeux ouverts. Ne manquez sous aucun prétexte la   chambre de la favorite, ses tapis valent vraiment le détour. 

 

TANGIA : LA TRADITION A DU BON

C'est à la fois le nom d'un pot en terre pansu et celui d'un met délicieux   à base de mouton et d'épices qui mijote à l'étouffée,   enfoui toute la nuit dans des cendres chaudes. Un régal.

 

LES GESTES ANCESTRAUX DES TANNEURS

Dans les tanneries du souk, rien n'a changé depuis des siècles.   Parmi des peaux étendues au soleil sur la paille, près des cuves,   des artisans se servent toujours du safran pour obtenir le jaune, du coquelicot   pour le rouge, de l'indigo pour le bleu, et de l'antimoine pour le noir. Un   regard sur le passé à ne pas manquer.

 

EN CALÈCHE POUR LA PALMERAIE

Emporté par le trop vif du cheval, qu'il est doux de sentir la caresse   d'une brise légère et d'admirer les palmiers se découpant dans l'embrasement du ciel : le tour de la palmeraie au soleil couchant, c'est la promenade la plus romantique de Marrakech.

 


 

Ville des sept saints qui symbolise un passé glorieux et qui constitue incontestablement un patrimoine humain qui ne cesse d'étonner par sa multiplicité, Marrakech est la plus africaine de toutes les autres grandes cités du Royaume. Une africanité qui dépasse les frontières marocaines.

Par sa vocation impériale historique, son rayonnement culturel ancestral, sa dimension touristique internationale et sa situation géographique stratégique au pied du Grand Atlas et aux portes du grand Sud marocain. Par un passé nationaliste, de potentialités humaines et économiques et une capacité de créer, d'inventer et d'aménager chaque jour de nouveaux espaces pour son développement culturel, économique et social. Par tous ces atouts, la ville est l'incarnation même du défi.

Elle est le prolongement naturel d'un rôle historique auquel le Maroc dans son ensemble ne cesse de s'identifier pour puiser les sources de sa grandeur présente et les forces de son épanouissement futur.


Il fut un temps, en effet, où le pays dans son ensemble était assimilé à la capitale des Almoravides. “ Marruecos ” pour les latins, “ Morocco ” pour les Anglo-Saxons, “ Maroc ” pour les francophones et tout simplement prononcé “ Marrak'ch ” pour la communauté arabo-musulmane. C'est tout dire sur le poids historique de la ville des sept saints qui symbolise un passé glorieux et qui constitue incontestablement un patrimoine humain qui ne cesse d'étonner par sa multiplicité et sa fécondité. En 1062, Youssef Ben Tachfine y construit la première mosquée.

C'est de cette époque que date la plantation de la palmeraie qui couvre actuellement 13 000 hectares à l'est de la ville. Après les remparts, le minaret de la Koutoubia, haut de 77 m laissés par les Almohades, les Saadiens rendirent à la ville ocre, tout son faste et son prestige au 16e siècle. Les tombeaux saadiens qui datent de cette époque, ne furent découverts qu'en 1917, et le palais Bahia qui date de l'époque alaouite, sous l'ordre du Sultan Moulay Ismaël. Le palais Glaoui dans la médina ou encore Dar Laglaoui à Telouet (région de Marrakech) en dit beaucoup du vécu de cette ville et l'expression sincère d'une succession de civilisations et de dynasties.

Les ruines du palais El Badii, les autres de la Casbah d'Abou Bakr, la mosquée de Ben Youssef, le palais de Ali Ben Youssef, la porte de Bab Aylane, celle de Bab Agnaou ou encore ces fontaines à décor de jypredie et de bois ouvragé, prouve que c'est une ville des mille et un contes… Sur une vaste plaine du
“ Haouz ” ce cite naturel est d'une beauté à couper le souffle avec ses habitations anciennes, retapées en “riads” modernes, mais à cachet typiquement marocain, le tout encerclé par 7 km de murailles, rose-rouge en “tabya” un mélange de sable rose local et de chaux, ce qui vaut à son surnom “Al Hamra” c'est à dire la rouge. Le visiteur remarquera que ses vrais habitants sont en moyenne de couleur plus foncée que les habitants du Nord, en dehors de la population noire cela s'entend.

Ainsi, Marrakech est la plus africaine de toutes les autres grandes cités du Royaume. Une africanité qui dépasse les confins du Sahara marocain pour s'étendre à Tombouctou, à Dakar, en Guinée…
Les gnaouas et les joueurs de l'instrument
“ Sintir ” le traduisent dans leurs chants appelés
“ M'louk ”. Cette ville chargée d'histoire n'est sûrement pas une ville quelconque, anodine. L'impératif d'agir s'est constaté dernièrement avec l'élargissement des ruelles réservées uniquement pour les piétons et la replantation verdoyante des grandes artères, pour que la ville chère aux Bahjaouis puisse perpétuer son image de marque aussi bien sur le plan national qu'international.

Les instruments sont multiples, parmi les plus courants, l'action du gouvernement qui a été conscient du rôle catalyseur de la ville et celle du secteur privé qui a trouvé dans le produit “ Marrakech ” une matière variée, exportable par sa grandeur, sa beauté et ses traditions solidement enracinées dans les mœurs et importable d'investisseurs de tout bord attirés par les perspectives de rentabilisation qu'offre cette cité aux multiples attraits. Rien qu'avec de petites choses qui avaient façonné son visage auparavant et qui continue à survivre hors du temps, son artisanat, par exemple, des chefs-d'œuvre qui naissent des doigts et des mains des artisans bahjaouis : cuir tanné à l'ancienne, fer forgé exporté partout dans le monde, habits traditionnels, lampe en peau de mouton, pouffes brodés, tapis majestueux,etc.

Ces produits tant vantés à travers le monde ont fait gagner en grandeur et en efficacité, une publicité inégalée que nos foires à l'étranger reflètent aisément en s'associant étroitement à l'effort. Et à l'horizon de l'an 2010, il est permis de nourrir l'espoir de voir Marrakech réussir la part du lion dans le projet de 10 millions de touristes, surtout si en prolongeant la grande avenue Mohammed VI, ex-avenue de France, on se rend compte du nombre important des complexes touristiques, en pleine extension.

Ourika :

Une belle route de 60 km qui vous mènera au pied de l'Atlas, à environ 1000 m d'altitude. Cette vallée habitée par des tribus berbères, est une des plus belles du Moyen Atlas, on vous y fera découvrir les petits hameaux en pisé suspendus aux flancs rouges de la montagne, les cultures en terrasse, les rives fraîches de l'oued. Il fait ici 10° à 15° de moins par rapport à Marrakech. Cette excursion est préférable le lundi, jour du souk à Dar Caïd l'Ouriki ou le vendredi, jour du souk
“ Ghmat ”. Le marché se déroule dans un enclos prévu pour la circonstance, quantité d'ânes sont parqués près de la rivière, ne soyez pas surpris par leur nombre : l'âne, animal providentiel servant au transport et au bât, tient un rôle primordial dans la vie campagnarde.

La vallée de l'Ourika :

Les premiers contreforts de l'Atlas sont situés à 68 km de Marrakech. Arrosée par l'oued Ourika, la vallée est verdoyante dès le village “ Tnine de l'Ourika ”où se tient comme son nom l'indique chaque lundi, le grand souk de la vallée. De part et d'autre de l'oued, des hameaux en pisé, des petites maisonnettes et des petits hôtels se collent à la pente et ne font que rajouter du charme à cette mystérieuse vallée. A 1500 m d'altitude, vous dépassez “ Aghbalou ” et vous sentez la vallée qui se resserre pour arriver plus haut à “ Setti Fadma ”,de là commencent les excursions des randonneurs, ayant pour but d'atteindre les 7 cascades. De là-haut, une vue imprenable sur le village entier et aussi un départ vers des randonnées telles que “Jbel Toubkal” ou “Jbel Yagour” avec ses célèbres gravures rupestres.

La Ménara :

Au même titre que le minaret de la Koutoubia ou le mausolée “ Sidi Belabès ” ou encore les “ Sabaâtou Rijal ” (7 saints), c'est le symbole de Marrakech. Cette oliveraie d'une centaine d'hectares, avec son grand bassin creusé en son centre, reflète un élégant pavillon saadiens à toiture pyramidale. Servant d'abord de bassin d'irrigation, le plan d'eau central, tout comme celui des jardins de “ l'Aguedal ” était aussi destiné à l'apprentissage et l'entraînement des soldats de l'armée “ almohade ” pour les préparer à la traversée de la Méditerranée vers “ Al-Andalous ”. Actuellement, elle est cédée pour les divertissements du soir dont un spectacle musical (payant) sur la plate forme du bassin.

Palais El Badii :

C'est l'œuvre de Ahmed El Mansour  Eddahbi (le doré).
A la fin du 16ème siècle, ce site fut un temps considéré comme la merveille du monde musulman. Dénommé l'incomparable, le Badii était destiné aux fêtes et aux audiences où le Souverain pouvait montrer tout le faste de

son règne. Une multitude d'ouvriers venus d'Europe,

 participèrent aux travaux. Marbre d'Italie, onyx, mosaïques et revêtements de feuilles d'or, ornaient les murs et les plafonds des 360 pièces. Malheureusement, un siècle plus tard, le bâtiment fut entièrement détruit par Moulay Ismail. Les matériaux récupérés furent utilisés pour embellir les palais de Meknès. C'est dans ces ruines grandioses que se déroulait auparavant le Festival annuel du folklore marocain.

 

 

Meknès : Un potentiel touristique gigantesque

Une image à corriger :
 
Avec ses cinq mille lits classés, la région de Meknès-Tafilalet représente une destination en devenir.

Une destination qui surclasse Fès sans pour autant bénéficier du même intérêt. Ahurissant !

S'il est une aberration que les promoteurs du tourisme de la région Meknès-Tafilalet dénoncent avec force, c'est bien celle qui fait fi du patrimoine historique de la capitale ismaélienne et du fort potentiel d'écotourisme de la région. En termes plus clairs, les opérateurs de la région n¹arrivent pas à comprendre comment l'ONMT, établissement public chargé de la promotion de la destination Maroc, feint d¹ignorer un tel gisement régional. La preuve en est que les principales villes touristiques du Royaume disposent chacune de sa propre brochure.

 

À l'exception de Meknès et de son riche hinterland.

Un ostracisme voué aujourd'hui aux gémonies.

D'autant plus qu'il n'a pas lieu d'être.

Les preuves sont multiples et assez édifiantes pour les promoteurs en chef du patrimoine touristique marocain. D¹abord, la cité ismaélienne dispose d'un patrimoine architectural unique en son genre. Ce sont pas moins d'une quarantaine de kilomètres de murailles qui défient les siècles avec des portails qui retracent le génie de l¹architecture marocaine.
 

D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que
Bab Mansour
a figuré au coeur de Paris, Place la Concorde, à l¹occasion de l¹Année du temps du Maroc en France. Ensuite, en remontant le cours de l'histoire universelle, la cité romaine de Volubilis, édifiée à une vingtaine de kilomètres de Meknès, livre ses secrets à une nuée de touristes qui, initiés pour la plupart, viennent contempler le génie d¹une civilisation ancienne. Cela sans parler de la richesse de la région avec ses cours d¹eau, ses forêts, ses plaines, ses oasis et casbahs.
 
«Complexe d'accompagnement» :
 
Bref, le chef-lieu de la région n'est pas l'unique attrait touristique.

Et ce n'est pas pour rien que les opérateurs du tourisme veulent s'affranchir, aujourd'hui, du «complexe d'accompagnement» qui colle à la région.

En effet, la destination Meknès n'est pas programmée en dehors de celle de Fès.

Et si elle fait bonne figure dans les brochures louant les villes impériales, il n'en reste pas moins que la capitale ismaélienne est toujours considérée, à tort, comme un simple appendice de Fès. C'est cette vision-là, étriquée, que les Méknassis nourrissent l'espoir de changer. D'abord, en rappelant que la région dispose d¹une capacité d'accueil supérieure à celle de Fès.

La capitale des Qaraouyine ne dispose que de trois mille lits classés alors que Meknès fait bien plus que le double.

En sus, la dynamique d'investissement qui s'est saisie de la région n¹a pas manqué de se focaliser aussi sur le tourisme. Plusieurs projets sont en cours de réalisation, dont deux palaces.
 

Et ce n'est pas pour rien que des approches sont faites aujourd'hui auprès de grandes enseignes du tourisme international. Approches qui devraient se concrétiser dans le cadre du développement d¹un partenariat agissant entre opérateurs marocains et internationaux.

Voilà autant de signes avant-coureurs d¹une réelle reprise de l'activité touristique dans la région. Une reprise qui, faut-il le rappeler, a été initiée par le groupe Accor qui a investi au centre de Meknès dans un établissement sous l¹enseigne Ibis.
 
Passer à l'offensive:
 
Les opérateurs de Meknès qui s'accommodent de la suprématie de Fès n¹en demandent pas moins un traitement « égalitaire « au niveau de la promotion des produits nationaux. Le ministère du Tourisme devra réagir pour rectifier le tir.

 

Au même titre, d'ailleurs, que l'ONMT. À charge pour les opérateurs privés des deux villes impériales limitrophes de gérer autrement les « susceptibilités « et autres rivalités.

En tout cas, les Méknassis ne sont pas dupes.

Et s'ils entendent dès à présent rattraper les retards, en faisant les bouchées doubles, c'est d¹abord en tendant la main à leurs confrères de Fès. Histoire de rectifier le tir...

Et de permettre au secteur de se hisser au diapason des attentes focalisées aujourd'hui sur le duopole. Dans ce cadre-là, l'offre faite vise à combler le vide entre les deux cités millénaires, séparées par une cinquantaine de kilomètres, par un golf de 18 trous.

Et, pourquoi pas, par un concept de restauration et d'animation qui collerait à celui qui fait le bonheur de Marrakech, «Chez Ali» en l'occurrence.

Plus, dans le cadre de la bi promotion, une action concertée devra se faire auprès de Royal Air Maroc pour permettre aux deux destinations de mieux capter le flux touristique à destination du Maroc. « Il est anormal de maintenir les fréquences actuelles sur l'aéroport de Fès », s'indignent nombre d'hôteliers. Ce qui est souhaitable par les opérateurs du tourisme c'est la programmation d¹un vol par jour au moins.

 

Sans quoi, jamais le taux d'occupation, qui ne dépasse pas les 35 % en moyenne, n¹évoluera convenablement.


Bien entendu, cette offensive collective ne doit pas faire oublier les carences enregistrées au niveau des structures « représentatives « du secteur à l¹échelle de Meknès-Tafilalet.
 

En effet, le Centre régional du tourisme (CRT) qui a succédé au GRIT continue à «ronronner» comme la vieille machine du syndicat d'initiative. Sauf qu'au bout, les résultats restent médiocres.

Pour pallier les carences, nombre d'opérateurs table sur l'émergence d'une nouvelle équipe dynamique à même de reprendre les choses en main.
 

L'arrivée dans le secteur de nouvelles têtes pourra, sans le moindre doute, aider à changer le « désordre « des choses qui dure depuis une quarantaine d'années. Ce n'est qu'avec une représentation professionnelle digne de ce nom, c'est-à-dire en phase avec les attentes de l'heure, que l'industrie du tourisme pourra prendre un réel essor susceptible d¹accompagner les nouveaux investissements consentis.

Les contours de la bataille qui se profile sont déjà connus. Au-delà de la promotion qui constitue le fer de lance de tout développement du tourisme, c'est sur l'arène de la fiscalité que le devenir se joue.

 

Les industriels déplorent le fardeau fiscal inique sous lequel ils croulent. «Nous nous devons, pour éviter tout problème, d¹acquitter vingt-cinq taxes», signale, non sans indignation, un hôtelier de Meknès.

Et comme cela ne semble pas suffisant, précise un restaurateur, «on nous applique le taux maximum» !

En attendant que tout rentre dans l'ordre, les Meknassis sont convaincus des possibilités de développement de leur offre touristique.

Cette conviction s'appuie, bien sûr, sur la richesse naturelle qui doit nécessairement booster le tourisme écologique toujours à la mode.


Cela sans oublier le côté festif auquel la capitale ismaélienne a droit. « Nous avons un Festival tout fait que nous n¹avons jamais exploité auparavant «, signale un vieux promoteur touristique. Il s¹agit, bien entendu, d'un rendez-vous culturel reposant sur des danses régionales qu¹il suffira d¹organiser. Hmadcha, Issaoua, Zayane et Gnaoua représentent une partie des troupes qui ont enrichi le patrimoine folklorique marocain.

Pourquoi, dès lors, ne pas faire de Meknès un rendez-vous annuel incontournable à l'instar de ce que fait Fès avec les musiques sacrées ? Voilà une piste qui mérite d'être défrichée...

 

Oujda entre monts et merveilles

La capitale orientale a été construite sur la plaine Angad. Cette ville qui fut fondée par la tribu berbère des Zenata en 944 bénéficie d'une position stratégique sur l'axe reliant Rabat et Meknès à l'Algérie.

Sa médina est séparée de la nouvelle ville par des murailles qui reflètent son histoire : Bab Ouled Amran, Bab Sidi Aissa, Bab Sidi Abdelwahab et Bab Ahl Jamai. La mosquée Al Kabir et ses trois fontaines construite en 1298 est selon certains le plus ancien monument de l'ancienne ville.

La capitale orientale a été construite sur la plaine Angad, qui est entourée par une plus belle région montagneuse, telles les monts de Beni-Snassen qui lui offrent une vue panoramique.

Cette ville qui fut fondée par la tribu berbère des Zenata, bénéficie d'une position stratégique sur l'axe reliant Rabat et Meknès à l'Algérie. " Selon la tradition, la ville est l'enjeu de combats entre les maîtres de Fès et ceux de Tlemcen. Enlevée par le sultan Youssef Ben Tachfine en 1206, elle devient un centre important pour les Almohades, qui renforcent les fortifications. Sous les Mérinides, Abou Youssef rebâtit la cité et construit de nouvelles murailles, une casbah, une mosquée et un palais. Plus tard, le régent ottoman d'Alger s'empare de la ville, mais Moulay Ismail la reprend en 1687."

Pour le nouveau visiteur, un petit tour dans l'ancienne médina est largement suffisant. " On y trouve l'essentiel des éléments qui caractérisent la vie et l'organisation des médinas marocaines : architecture, parfums des kissariats, sans oublier l'animation des ruelles ornées d'étalages de divers produits, notamment artisanaux, qui surpassent en donnant à chaque ruelle sa lumière, sa couleur et son propre charme. "

La médina d'Oujda est séparée de la nouvelle ville par des murailles qui reflètent son histoire : Bab Ouled Amran, Bab Sidi Aissa, Bab Sidi Abdelwahab et Bab Ahl Jamai. La grande mosquée construite au 13e siècle et l'un des principaux monuments de la ville.

La place de " Souk el Mae " (le marché de l'eau), " où les jardiniers du marché avaient l'habitude de venir chercher l'eau pour irriguer leur terre ", vaut le détour, de même pour Souk El Knadsa et le parc Lalla Meryem.
" A visiter également les jardins Lalla Aïcha qui abritent le musée ethnographique du même nom. Malgré son passé, Oujda est d'un faible intérêt touristique. Pourtant la plaine d'Angad et les monts de Beni-Snassen abritent des gorges et des cavernes à découvrir. "

La mosquée Al Kabir et ses trois fontaines construite en 1298 est selon certains le plus ancien monument de la médina. A droite de l'entrée principale de la mosquée une petite rue, conduit le visiteur à l'un des joyaux de la médina: la médersa mérinide. "Cett école fut édifiée en 1335 et elle est de cinq ans plus jeune que la célèbre médersa Bouâanania de Fès. Elle est considérée comme un chef-d'œuvre de l'art mérinide. " Quant à la ville moderne, elle est " centrée sur la tour de l'Horloge, datant des années 1930 et se développe le long de la partie centrale du boulevard Mohammed V, où les meilleurs cafés sont concentrés. "
Autre monument à visiter, Bab Sidi Abdelwahab, dont la dernière reconstruction remonte aux environs de 1895 et permettait l'accès aux quartiers commerçants. C'était aussi la porte de Oujda du côté est.

" La place voisine, qui est de nos jours animée de toute la ville, était la station de repos pour les caravaniers qui arrivent de l'Est. Peu à peu, elle s'est transformée pour devenir un véritable souk (montures, bétail, légumes,...) avant de devenir ce qu'elle est aujourd'hui. En quittant la médina par la porte Sidi Abdelwahab, le touriste peut visiter le palais Dar Essabti, construit en 1938 par un riche marchand de la ville. " En face de ce palais, se trouve le parc Lalla Meryem, qui abrite le musée des armes traditionnelles.

 

Figuig, l'oasis des sept «ksour»
L'oasis de Figuig installée dans l'extrême sud-est, se trouve à 400 km d'Oujda. Site habité depuis les temps préhistoriques, ce qui a été appelé pendant plusieurs siècles le pays de Figuig recèle de trésors. Figuig est composée de sept " ksour " : El-Maîz, El-Hammam Foukani, El-Hammam Tahtani, Laabidate, Loudaghir, Ouled Slimane et Zenaga.

Figuig " relais stratégique sur les anciens axes du commerce caravanier transsaharien et sur l'axe sub-saharien est-ouest, le rayonnement culturel, scientifique et économique de l'oasis dépassait même l'échelle régionale." Le patrimoine culturel actuellement conservé porte surtout le cachet de la période islamique. "Des maisons et des mosquées séculaires construites en terre séchée côtoient le célèbre minaret octogonal pierreux de l'époque mérinide. De même les vestiges d'anciens qsour et hameaux désertés ou détruits par les guerres subsistent encore tout comme les mausolées et les bibliothèques des marabouts et des savants dont les documents manuscrits ont largement été pillés. Certains se trouvent chez des particuliers, d'autres dans des musées étrangers. "

Une autre excursion mènera le visiteur dans la vallée de l'oued " Zous Fana " jusqu'au col de " Tarhla " où il pourra profiter de vues imprenables. La visite à Figuig peut être l'occasion d'essayer un bain de sable chaud, particulièrement efficace contre les rhumatismes.

Saïdia au sable doré
La capitale de l'Oriental, chef-lieu d'une région, disposant d'un certain nombre d'atouts naturels, et favorable pour le développement du tourisme, se caractérise par la plage de Saidïa longue de 12 km de sable fin et doré.
"Sa petite casbah construite au 19e siècle, avec ses murs intacts, fut l'unique construction jusqu'aux années 1930.

Elle fut bâtie par Hassan 1er comme poste de guet contre les Français qui occupaient déjà l'Algérie. "
D'autre part, la montagne de Béni-Znassen présente un beau paysage naturel qui forme la vallée de Zegzel, gorges, chutes d'eau, grottes, etc. A 6 km d'Oujda, l'oasis de
Sidi-Yahya offre un site agréable.

Au fil des dynasties
Les sources historiques sont presque unanimes sur les origines de la ville d'Oujda qui remontent à 994 (384 de l'Hégire). Selon d'autres " la ville fut bâtie sur les ruines d'une ancienne ville en un lieu appelé selon Ptolémée Lanigare. Le prince Ziri Ibn Attiya, chef de la tribu zénète maghraoua choisit comme site pour sa capitale une plaine fertile située au coeur de son royaume. Cependant, cette ville ne prit d'importance notable qu'au milieu du XIe siècle, grâce à son statut de ville relais sur la voie Sijilmassa - Orient ".

Au fil de l'histoire des dynasties qui se succédèrent, " Oujda finit par assumer une fonction stratégique chez les Mérinides, installés à Fès, en l'occurrence celle de base arrière dans leur conflit avec les Abdelouadides de Tlemcen. Cette situation fut à l'origine de plusieurs invasions auxquelles Oujda fut exposée. De même, elle connut beaucoup de difficultés en se ralliant tantôt à l'Est, tantôt à l'Ouest en raison de sa situation sur le champ d'affrontements entre les Saâdiens et les Turcs."

Au XIXe siècle, Oujda fut également harcelée par la présence française en Algérie, ce qui aboutit, en outre, à la bataille d'Isly (1844) et à l'occupation de la ville en 1907, cinq ans avant la mise en place du protectorat.

Les villes du Maroc El Jadida, cette cité portugaise honorée par l'Unesco

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La province d'El Jadida peut prétendre figurer parmi les hauts lieux du tourisme. Mais elle offre aux visiteurs de nombreux sites naturels d'une beauté majestueuse.
Nul ne peut contester le fait que la ville d'El Jadida et sa région jouissent de richesses naturelles diverses qui peuvent satisfaire les amateurs de diverses activités touristiques.

Connue jadis sous les noms de El Brija, El Mahdoumih et puis Mazagan, la ville d'El Jadida est située au centre du Maroc, sur les rives de l'océan Atlantique . Le nom d'El Jadida (la neuve) lui fut attribué par le Sultan Moulay Mohammed Ben Abdellah.

Elle fut construite par les Portugais entre 1510 et 1520, elle eut la forme d'un château fort, carré flanqué, de quatre tours appelé “Castro Real”. Cependant la construction de l'enceinte fortifiée dura 30 ans et ce n'est qu'en 1541 qu'elle fut terminée. Une enceinte quadragulaire entourait la ville qui se formait autour de la citadelle.

Le centre de la citadelle était constitué au rez-de-chaussée par une importante salle d'armes, qui fut affectée en 1941 à usage de citerne, afin d'échapper à la pénurie d'eau en cas de siège prolongé. Cette citerne est la plus belle curiosité d'El Jadida.

Autour de l'enceinte, les portugais ont creusé un fossé profond et à haute mer, le fossé est rempli d'eau. Un pont-levis, relia la cité à la terre ferme.

En 1562, le Sultan Moulay Mohamed Ben Abdellah concentra à Marrakech une grande armée et vint battre les remparts de Mazagan. L'embarquement définitif des Portugais n'a eu lieu que le 11 mars 1763 suite à la grande attaque conduite par Moulay Mohamed Ben Abdellah après 267 ans de colonisation portugaise.

La ville portugaise de Mazagan (El Jadida) a été classée le 30 juin 2004, patrimoine universel par l'UNESCO. Ce site vient de s'ajouter aux 6 autres inscrits par le Royaume du Maroc sur la liste du patrimoine mondial.
En effet, ce site a souvent sollicité pour être classé, il a fallu attendre le moment propice pour accomplir ce vœu.

La protection du site et son classement, par le dahir du 21 septembre 1918 et 3 novembre 1919, œuvre de l'homme d'une valeur universelle.

Lieu de brassage de plusieurs religions . Les fortifications et leurs défenses et leurs systèmes permanents de défense : tours et remparts constituent un exemple précoce d'architecture militaire de la Renaissance. Les édifices portugais encore visibles sont la citerne portugaise et l'église de l'assomption, construits dans le style Mauelin (ghotique tardif). A partir du XIXe siècle , connue sous le nom d'El Jadida , la ville s'est transformée en un centre commercial multiculturel.

La ville ayant contribué au développement de l'architecture et de l'urbanisme  dès l'époque de la renaissance.

En plus de la richesse historique, de son important rôle socio-économique, le tourisme lui donne une autre dimension. La ville portugaise de Mazagan (El Jadida) a ses trésors culturels inépuisables lesquels témoignent jusqu'à nos jours de l'histoire de développement et de l'épanouissement de cette cité de son passé glorieux qui fut sa fierté et son authenticité.

Sa fonction culturelle est la plus importante et la plus significative dans le développement de la ville d'El Jadida, la fonction culturelle a été instaurée depuis des années, et héritée par la ville à laquelle elle a donné un rayonnement sans frontières au Maroc et à l'étranger.

La Cité portugaise de Mazagan (El Jadida) conserve dans les mémoires de l'histoire tant et tant de souvenirs inestimables.

Dans ses monuments qui ont porté dans leurs renommées très loin à savoir : les remparts , sa fameuse citerne, chef d'œuvre du style architectural Manuelin, devenue pôle d'attraction des touristes des quatre coins du monde et du cinéma international qui viennent tourner des films dans ce beau cadre de l'architecture et de l'art de la Renaissance.

La Cité portugaise de Mazagan revêt une importance historique et architecturale considérable, elle représente, en effet, la plus grande fortification portugaise au Maroc.

Son histoire est marquée par plusieurs phases essentielles :
- Phase portugaise : elle s'étend de 1541 à 1769, c'est la phase de construction et de structuration de cette cité.
- Phase judéo-islamique : elle commence de 1820 jusqu'au début du 20e siècle où la cité fut transformée en mellah, une grande communauté juive marocaine y fut alors installée.
- Phase pré-coloniale et coloniale : marquée par l'ouverture du mellah à une nouvelle population qui vient cohabiter avec la communauté juive. Il s'agit essentiellement d'une communauté européenne et musulmane.

Cette vaste salle souterraine et voutée faisait partie du château fort construit en 1514. Elle servit probablement de salle d'armes avant d'être utilisée comme réserve d'eau.

Sur un plan carré de 34 m de côté, elle comporte 6 nefs - dont les voûtes d'arêtes reposent sur 25 colonnes et piliers. La travée centrale est percée d'un large oculus par où se déverse la lumière du jour qui produit, par réflexion sur l'eau de la citerne, un surprenant effet de miroir imprégnant le lieu d'une étrange atmosphère qui séduirait Orson Welles au point qu'il tourna certaines séquences de son film Othelo, ainsi que le film de Copola “L'étalon noir, Harem», etc.

Oualidia : témoignage d'un passé lointain et d'un bel avenir.
Résidence Royale au bord de l'imposante lagune palais d'été de feu Sa Majesté Mohammed V où le défunt souverain aimait séjourner. C'est la paisible et attirante Oualidia.

Plage des marrakchis , safiots et casablancais et bien sûr des doukkalis amateurs de ski-nautique, d'huitres, de fruits de mer, de soleil, de fraicheur.
Oualidia c'est un potentiel touristique en réserve pour l'avenir. Son histoire est très riche .
Les peuples marins de l'antiquité y ont laissé les traces.
 

Oualidia entre Hanon et El Ghazi

On a identifié avec beaucoup de vraisemblance la lagune avec celle de Hanon qui débarqua au cours de son périple. Il est très curieux qu'une grotte qui se trouve située non loin du lieu présumé où débarqua Hanon est actuellement connue sous le nom de “Ghar Hammou El Ghazi”…

La Kasba de Oualidia, c'est aussi le port de Namer
A l'emplacement où sur les ordres du Saadien El Wali fut construite la Kasba de Oualidia, existaient d'ailleurs les ruines antérieures à la conquête des arabes. D'ailleurs, le navigateur cartaginois Hanon aurait au cours de son peuple , débarqué à la lagune de Oualidia qui constitue un port naturel sûr.

Cette kasbah fut occupée par les Portugais et les gens de la région. Surtout les habitants du petit port de Namer, leur vendaient du miel. S'il ne reste à Oulidim du Sultan Saâdien qu'une maison en ruines que l'on dit avoir été la maison du gouverneur et la partie des remparts qui fait face à la lagune ou quelques pièces d'artilleries probablement portugaise sont encore là.

Les murailles qui entouraient Madinat Al Ghrbia sont flanquées de dix-huit tours à peu près à égale distance l'une de l'autre, trois portes encore visibles aujourd'hui en donnaient accès et l'espace limité par ce qui reste des remparts prouve que cette ville était importante. L'on situe l'époque de sa fondation aux environs du Ve siècle.

Ruinée une première fois en l'an 667, elle fut construite et repeuplée sur les ordres du Sultan mérinide.
Après avoir subi une seconde destruction, on ne sait pour quelle raison Madinat Gharbi fut définitivement abandonnée.

En conclusion, les ruines de Madinat Al Gharbia et de Oualidia témoignent de l'importance qu'avait dans le passé la caïdat de Oualidia. Les familles qui ont été entreprises à l'intérieur de ces ruines ne l'ont pas été d'une façon superficielle.

Elles n'ont donc permis de découvrir des objets ou des outils qui pourraient nous renseigner sur leurs premiers habitants. D'autre part, les historiens ne sont pas d'accord sur l'époque exacte de leur fondation.

Notons cependant que, outre des textes d'historiens classiques arabes ou étrangers, c'est une typonyme riche et variée renfermant de nombreuses notes et qui ne pourraient être que des notes berbères (Taghzaouit, Timegret, Ariri, Sier etc … ) ces notes constituent l'héritage laissé par les premiers habitants de la région.

Oualidia est certainement l'une des stations estivales les plus réputées du Maroc. Elle fait sa réputation, non seulement aux séjours que feu Sa Majesté Mohammed V y faisait dans son palais d'été, mais également à sa position, son imposante lagune (véritable port naturel) ses fruits de mer, qui caractérisent Oualidia, son soleil radieux , l'hospitalité de ses habitants font de cette localité un lieu de tourisme et lui reservent un bel avenir, ses criques vierges …

En 1954, l'écrivain suisse John Knittel, qui écrivait en anglais et en allemand , a fait de longs séjours à Oualidia pour écrire son roman “Arietta” paru en 1956.
Pour ceux qui ne connaissent pas Oualidia, c'est le parc d'élevage d'huitres le plus important du Maroc, dont la renommée a franchi les frontières.
L'approvisionnement du pays à partir de ce parc ostéicole est assuré à plus de soixante dix tonnes par an.

La Kasbah de Boulouane

Ce gîte impérial du Sultan Moulay Ismaïl se trouve sur la route qui reliait autrefois Fès à Marrakech et est situé à 75 km d'El Jadida. Accessible par R.N.1 sur 14 km, puis R.R. 316, et enfin la RR 314, cet endroit a connu la présence portugaise pendant une certaine période, avant que Moulay Ismaïl ne s'empare pour installer des troupes chargées de contrôler les tribus.

La Kasbah de Boulouane, monument historique classé est un château fort construit sur un promontoire dominant un méandre de l'Oum er-Rbia . La Kasbah comportait une demeure royale, une mosquée et des entrepôts.

L'inscription de fondation, au nom du Souverain, sur le linteau de la grande porte monumentale, rappelle que ce nid d'aigle a été construit en 1710.
Cette région est très réputée, pour ses champs de vignes (raisins doukkali).
Antoine de Saint Exupery a visité la Kasbah de Boulouane.

Un des atouts de la province d'El Jadida c'est évidemment sont littoral atlantique offrant tous les ingrédients nécessaires pour le développement d'une activité touristique balnéaire. Cette côte de 150 km de Bir Jdid à Oualidia est parsemé de belles plages notamment, à El Jadida ville, Haouzia, Sidi – Bouzid, Sidi Abed, Oualidia, Sidi Bounaïn, Sidi Sari, Hajrat Baibour, Sidi Yacoub … etc …
 

 

 

Safi, perle de l'Atlantique

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Située sur la côte, à mi-chemin entre les villes d'El Jadida (Mazagan) et d'Essaouira (Mogador), la cité médiévale de Safi ou la perle de l'océan Atlantique a le vent en poupe. Bénéficiant de l'effet de mode généré par des projets de développement structurants et par des investissements à la fois potentiels et ciblés, Safi commence à récolter les fruits d'une dynamique lancée, se forgeant pour cela un socle solide et performant dans différents domaines.

En effet, le choix adopté par les responsables est celui d'un développement durable susceptible de concilier croissance et environnement. Il s'agit là d'un des atouts de cette cité dont le maître-mot reste l'amélioration de la qualité de vie du citoyen, sa quiétude et sa sérénité.

Riche d'événements culturels de dimension nationale et bénéficiant d'un paysage des plus pittoresques, Safi de par sa proximité de l'océan Atlantique sait aussi se distraire et se divertir.

En l'absence de documents, il n'existe aucune source ni vestige sûrs d'être relevés pouvant expliciter la genèse du nom de "Safi" qui, selon une première hypothèse, est d'origine berbère " Assif " qui signifie cours d'eau, car la ville est, en fait, traversée par une rivière dite "Chaaba". Une deuxième hypothèse suppose que "Safi" est extirpé du mot "Asfou" et prononcé par certains berbères " Asfi", ce qui signifie "Torches" mises en place le long de la côte et servant à l'époque de signalisation pour la navigation maritime.

D'après le professeur chercheur Hamid TRIKI, lui-même Safiot de souche, Safi commença, à partir de la fin du XIe siècle, et durant le développement de Marrakech, par devenir le débouché naturel en relation avec l'Andalousie musulmane.

Et, c'est à partir de là que Safi entra de plein pied dans la scène de l'histoire, à l'époque médiévale. Sa position se renforça encore davantage à la fin du XIIème et XIIIe siècle surtout par ce haut lieu de la ferveur religieuse et de l'animation culturelle que fut le Ribat d'Abu Mohamed Saleh, premier ordre religieux constitué au Maroc, siège de la confrérie des pèlerins qui établit une relation directe avec la lointaine Mecque. C'est dans cette perspective que se justifie la phrase d'Ibn Khaldoun : "Safi, la cité par excellence de l'océan".

Et quand, au milieu du XIe siècle, Ibn El Khatib, le vizir de Grenade, visite la ville, il décrit celle-ci comme étant une cité prospère, dotée de toutes les institutions culturelles, économiques et sociales propres à une métropole : une mosquée, une medersa, un hôpital maristan, une quaysariya et de solides fortifications.

De par son port où s'effectuaient de fructueux échanges ponctués par des tarifs douaniers raisonnablement calculés et des poids et mesures défiant toute concurrence, Safi attire au XIVe siècle les négociants européens, génois en tête. C'est à coup sûr la période la plus prospère qu'elle ait connue. De plus en plus febrile, cette activité connut un déclin au cours du XVe siècle et sombra au début du XVIe siècle suite à l'occupation portugaise.

Et, si à cette époque elle devient la principale place forte portugaise des côtes atlantiques marocaines, ses activités économiques vont alors souffrir en raison de la rupture de l'équilibre avec l'arrière-pays et d'une dépendance aveugle de l'économie de l'Empire portugais. La réhabilitation de Marrakech comme capitale saâdienne (XVIe - XVIIe siècles) lui restitue son rang et donne une nouvelle impulsion au port connecté alors aux pays européens.

Cette situation aura perduré jusqu'au XVIIIe siècle, lorsque Essaouira, favorisée par son fondateur Sidi Mohamed Ben Abdellah, entra à son tour sur la scène atlantique.

Sérieusement concurrencée par ce nouveau port, Safi fut de nouveau appelée à traverser une nouvelle phase de crise. Il faudra attendre le milieu du XIXe siècle pour qu'elle reprenne son souffle à la faveur de la navigation à vapeur qui rend son port plus accessible.

Complètement ressaisi, la cité va de nouveau renouer avec les négociants étrangers et réussit à déborder au-delà de ses murailles en s'interposant par l'installation, hors Bab R'Bat, d'entrepôts et de maisons européennes de commerce. Des communautés juives, des gens du Souss, des Chorfa d'Ouezzane et des céramistes de Fès s'y installent.

Atouts touristiques:

A la fin du XIXe siècle, Safi se défend tant bien que mal face à la montée notoire des ports de Casablanca et El Jadida. L'aménagement du port avec le développement de ses activités de pêche par l'occupation française a hissé au cours des années 50 et 60 le port de Safi au rang de premier port sardinier dans le monde. Déclinant à son tour, l'activité de pêche est relayée par l'installation de l'industrie chimique.

Safi, ville de l'avenir, grâce à ses côtes étendues, ses monuments et son histoire, s'est décidée de se mettre au diapason des autres villes impériales et antiques du Royaume en ce sens de contribuer activement, elle aussi, à la promotion du tourisme dans notre pays.

Pleinement conscients du défi à relever d'ici 2010, les responsables de la ville et plus particulièrement les autorités locales, les élus, les promoteurs du tourisme et plusieurs autres composantes de la société ont vite fait d'adopter une stratégie susceptible de redynamiser la commercialisation du produit touristique safiot.

Cependant, la mise en place d'une infrastructure touristique adéquate prônée par l'augmentation de la capacité litière et l'aménagement du circuit touristique "Ras Lafaâ" et des deux corniches dont l'une à Sidi Bouzid et l'autre au bord de la plage a été en plus des efforts entrepris au niveau de l'animation culturelle, artistique et sportive (festival du film francophone, festival international de musique et les compétitions des sports nautiques) la principale composante du plan d'action de cette stratégie qui a permis, en somme, d' aboutir à un accroissement notable du flux des touristes nationaux et étrangers cette année à Safi.

De par sa situation géographique, son climat doux et tempéré et son hospitalité et sa générosité, Safi, ville à la fois mystérieuse, fascinante et énigmatique, a toujours été et demeurera une destination des plus convoitées. Fière de son passé rayonnant et de son futur prometteur, la cité garde encore, non sans arrogance, plusieurs monuments et sites historiques.

Ville mystérieuse:

- Ses remparts : D'origine berbère, ils furent reconstruits et restaurés par les Portugais entre 1510 et 1540.

- Son église portugaise : Ancienne cathédrale construite par les Portugais en 1519 et dédiée à Sainte Catherine. C'est une œuvre parfaite de l'art gothique unique en Afrique du Nord.

- La Kachla (Dar Essoltane) : Ancienne Kasba et puissante citadelle du XVIe siècle construite par les Sultans saâdiens à l'intérieur des fortifications sur la grosse tour. A droite de l'entrée, on constate les armes d'Emmanuel le Fortuné de la Maison d'Avis régnant alors au Portugal (1456-1521).

- Le Château de mer : Forteresse édifiée par les Portugais en 1523; il est probablement le seul témoin de l'art Emmanuel au Maroc.
Doté d'une rampe servant de conduit au chemin de ronde et des escaliers de pierres taillées, curieusement tournés et conduisant droit aux salles de munitions et aux anciennes chambres des gouverneurs, ce patrimoine classé monument historique, plusieurs fois endommagé et démoli en grande partie par les intempéries et le phénomène de la mer, a plusieurs fois été restauré.

- La colline des potiers : C'est sur cette colline surplombant la médina et les tours des remparts que sont venus s'installer, et depuis fort longtemps, dans une fourmilière d'ateliers et de fours, tous ces artisans potiers qui, comme le veut la tradition, exercent avec autant d'amour une activité qui se transmet encore de génération en génération. Le choix de cette colline par les premiers potiers a été probablement motivé par son orientation favorable, du fait que ses flancs sont en permanence exposés aux rayons du soleil.

Bref, Safi que le diplomate voyageur français Eugène Aubin avait perçu, début du XXe siècle, comme étant "la plus jolie cité de la côte marocaine" se cherche et se déploie avec beaucoup de détermination pour retrouver sa place d'antan et se positionner parmi les destinations touristiques de moyenne gamme du pays. Preuve en sont ces immenses chantiers réalisés ou en cours de réalisation.

Enfin, l'essentiel à retenir, c'est que Safi est une ville d'avenir, cela est sûr, mais à condition que l'Etat y concoure. En effet, le décollage de Safi et la promotion du tourisme et de bien d'autres secteurs resteront aussi longtemps hypothétiques tant que la construction d'une voie rapide reliant Safi et Marrakech et l'élargissement de la route côtière El Jadida et Essaouira, via Safi, ne sont pas encore retenus dans le programme de l'Etat.

 

Les villes du Maroc : Essaouira, le petit rempart

“Barakat Mohamed”, c'est avec cette phrase que la Cité des Alizés reçoit ses visiteurs. L'expression, écrite sur un petit édifice, est installée, depuis les années 70, pour reproduire le signe qui caractérisait le jumelage entre les villes saintes de l'Islam et Essaouira.

La cité est bâtie sur une presqu'île rocheuse qui s'avance dans l'océan en une suite d'îlots éparpillés sur le littoral.

Essaouira, blanche et bleue, est exposée aux vents et aux marées d'équinoxe. Entourée de murailles successives, percée de nombreuses portes et une forteresse rythmée d'imposants fortins et bastions. La ville est située à 350 km au sud de la mé